LES DELIBERATIONS AU CONSEIL MUNICIPAL par Gilles Evène
Les tarifs et les modalités de location de la salle des fêtes sont votés par le conseil municipal et consignés dans un document : dans la période 2008-2012 le montant de la location pour les habitants de la commune était de 190€ avec la cuisine, 160€ sans la cuisine. Le lendemain d’un week-end de location de la salle, les loueurs en colère viennent dire au maire qu’ils ne paieraient pas les 190€ car le lave-vaisselle ne fonctionnait pas. Lorsque le maire m’en parle, je lui fais part de mon étonnement mais lui suggère néanmoins de facturer 160€ (la location sans la cuisine). Il parait satisfait de cette solution ; quant à moi, je contacte notre réparateur d’électroménager. Nous nous rendons à la salle des fêtes pour constater qu’en appuyant sur le bouton de mise en marche tout fonctionne parfaitement. J’en parle au maire qui parait agacé par mon intervention et me reproche de ne faire confiance à personne ( ?..) Le temps passe, la facture n’est toujours pas réglée. J’en parle à nouveau et là le maire se met en colère « ça ne te regarde pas, ne t’occupe pas de ça ». Puis un jour, lorsque j’arrive à la mairie, les secrétaires me disent : « Ca y est la facture est réglée ». Ce à quoi je réponds : « c’est bien, il fallait savoir attendre ». - Mais tu ne nous demandes pas combien ils ont payé ?. « Si vous y tenez, combien ont-ils payé ?» - Le maire a compté la location de l’abri couvert : 65€….
J’oublie de préciser que les loueurs en question sont des proches du maire ; parce que pour les TRES proches, c’est cadeau ! (sans que ce soit voté par le conseil !…)
On ne compte plus les décisions prises par le conseil, et court-circuitées par le maire, sans qu’il ait eu la moindre des corrections, d'en référer aux intéressés. Lors d’une réunion, je lui en fais la remarque. Réponse du maire : « je fais ce que je veux et d’ailleurs, qui dans le conseil ne serait pas d’accord ?» Le maire fait un tour de table, personne ne bronche. « Tu vois ? » me dit-il, fier de sa démonstration de force. Mes relations avec le maire se dégradent ; à plusieurs reprises il me dit : « tu n’as rien compris au fonctionnement d’une commune. Une commune ne se gère pas comme une entreprise mais comme une famille ; il faut savoir arrondir les angles ». Quelques jours après et suivant le contexte, il vous dira le contraire, sans état d’âme. Si vous avez des idées, elles ne sont jamais bonnes. Mais présentées plus tard par le maire, elles sont devenues géniales. Plusieurs fois il me tiendra ces propos : « On tire un trait sur nos divergences, on recommence à zéro, réfléchis bien, la balle est dans ton camps. Si tu fais ce que je te demande, je saurais te récompenser ». J’ai toujours été consciencieux dans mon travail, mais je ne sais pas obéir aveuglément, je respecte les règles. Un jour, il me dira :« puisque tu ne veux pas rentrer dans le rang, tu vas voir ce qu’il va t’arriver »
. Le 5 octobre 2009, par décision du maire, un courrier me précise que le maire me retire toutes mes délégations.
Ce témoignage très documenté, par des pièces justificatives (non présentées ici) montre comment notre maire conçoit le fonctionnement du conseil municipal. On y trouve des récurrences: je fais ce que je veux, je décide des récompenses ou des punitions et ceci à partir de motifs circonstanciels, souvent de faible intérêt. Il s'agit bien d'assoir son autorité par une méthode coercitive ayant pour finalité la pensée unique du despote. Il est à noter depuis 1995 la valse des conseillers et leur mise à l'écart dès qu'ils émettaient l'ombre d'un désaccord avec la pensée directrice. Croyez bien que j'y reviendrai.
Je me permet un rappel. Les conseillers sont des élus, qui nous représentent avec nos diversités. Ce sont eux qui décident, qui parmi eux sera leur maire. Le devoir des conseillers est de s'exprimer de manière démocratique. Et après avoir débattu, on adoptera ou pas tel point de l'ordre du jour.
Un autre point qui me parait intéressant. Une affaire comme celle là n'est pas passée inaperçue pour les habitants de la commune, et pour ma part la communication qui en a résulté, a été volontairement simplifiée pour exempter de tout reproche l'édile local.